

Coup de chaud à Catalanis.
La situation : Face à l’intensification des vagues de chaleur et à la multiplication des épisodes caniculaires de cet été, les habitants des HLM de Catalanis ont alerté le gestionnaire Tarn Habitat sur leurs conditions de vie. Dans le courrier de plainte adressé au Directeur de cet organisme, ils prennent comme référence de leurs attentes les travaux de rénovations importants apportés aux logements de Lentajou (inclus dans le même périmètre de la politique de la Ville). Ces bâtiments ayant bénéficié d’une isolation thermique extérieure les rendant plus résilients aux agressions climatiques, les locataires de Catalanis vivent donc doublement la peine de l’inconfort estival en y rajoutant un sentiment cruel d’inégalité.
Dans son courrier de réponse du 4 Août 2026 le Directeur leur répond que « compte-tenu de la performance thermique de vos bâtiments , il n’est pas envisagé d’isolation par l’extérieur. » Il est à noter que dans ce courrier il renvoie les locataires des logements à la responsabilité de l’usage qui pourrait à elle seule résoudre la surchauffe structurelle. Il renforce bien ce retournement de responsabilité en utilisant du terme abusif « vos bâtiments »
Ce responsable d’établissement public confond par ignorance ou par stratégie d’évitement la performance thermique des bâtiments neufs ou rénovés aux normes avant la RE 2020 et les adaptations des logements sociaux aux fortes chaleurs qui émergent aujourd’hui comme un défi majeur.
Notre article prend largement appui sur une étude réalisée par l’ANCOLS auprès de trente bailleurs sociaux, implantés sur l’ensemble du territoire national y compris ultramarin et de dix organismes institutionnels accompagnant les bailleurs sur les sujets environnementaux. Il en ressort que même si les bailleurs sociaux agissent dans un univers économique et réglementaire contraint, ils ne sont pas totalement démunis face aux fortes chaleurs qui menacent la santé de leurs locataires.
Des solutions possibles peu coûteuses : La stratégie d’adaptation de ces organismes doit se fonder en priorité sur l’évaluation des situations dans chaque résidence en tenant compte du contexte environnemental (l’Albigeois est particulièrement impacté par le réchauffement climatique), du vieillissement des occupants et de leur état de santé et elle propose la mise en place de relevés de température sur les divers points des résidences.
Si la climatisation systématique n’est pas privilégiée, elle n’est pas à exclure pour certaines situations d’emplacement et d’occupation (personnes vulnérables). Les solutions passives sont a prioriser et dans les cas où le gestionnaire ne peut économiquement pas envisager une rénovation de l’ampleur de Lentajou. Des solutions «slow tech» existent, les retours d’expériences mettent en avant :
- Les peintures réfléchissantes en toiture ou sur les parties de façade comme les balcons à Catalanis où les gardes corps sont des accumulateurs de chaleurs (noirs et métalliques).
- Le rafraîchissement des parties communes intérieures par ventilation naturelle en s’appuyant sur les gardiens pour favoriser les courants d’air (cale porte, ouverture de la trappe de désenfumage le matin en cas de fortes chaleurs pour créer un flux convectif dans la cage d’escalier).
- La création d’une pièce commune en rez-de-chaussée climatisée et aménagée en lieu de convivialité.
- La création d’ombrage par la végétalisation de pergola aux entrées des bâtiments.
- Les brasseurs d’air dans chaque appartement et des moustiquaires aux ouvrants qui peuvent alors servir de ventilations nocturnes.
Pour cela, les collectivités territoriales doivent s’engager auprès des offices d’HLM pour la réalisation des travaux d’adaptation aux fortes chaleurs. Des solutions d’aides aux financements existent en dehors de notre territoire si peu que la volonté politique s’exerce.
A ce propos, une rencontre avec la bailleur Tarn Habitat à été demandée par les habitants de Catalanis. Elle aura lieu le mardi 6 octobre à 18 heures, dans le quartier. Notre association sera présente aux côtés des habitants pour les soutenir, dans leurs demandes de travaux de rafraichissement des parties communes et logements. Ces politiques doivent être appliquées pour l'ensemble de la population sans aucune exclusive.
Le 6 octobre, les institutions politiques locales (sous préfète du Tarn, adjointe à la mairiede Gaillac, adjointe à la communauté d'aglo, administratifs) se sont donné rendez-vous sur le quartier pour "écouter" les habitants avec une impression de déjà vu et déjà dit. Etait-ce donc bien nécessaire ? Les demandes cependant ne manquent pas, on peut citer, plus de bancs ombragés, un terrain de sport synthétique, des balançoires, mais surtout le rappel du problème de l'isolation des batiments, la création de zones d'ombre et de rafraichissement, pourquoi pas une salle commune climatisée, mais aussi replanter des arbres coupés. Des solutions déjà évoquées. Fait marquant, plusiers femmes ne veulent pas participer à cette rencontre car, "tout a déjà été dit et rien n'a été fait".
On attend donc maintenant des actes pour ne pas revivre un été insupportable.